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[vagabond] Tuktoyaktuk
(english below) Tuktoyaktuk, Territoires du Nord-Ouest, Canada, 12 août 2003, L'aventure fût au-delà de tous nos espoirs... Vagabond se faufile finalement entre 2 tempêtes pour quitter Barrow le 26 juillet. Les 2 jours précédents sont passés avec Mike Horn, à mi-parcours de son tour de l'Arctique, un grand rendez-vous que nous ne voulions pas manquer (lire ses nouvelles ici). Nous quittons alors nos hôtes Kristin et Wendy, chez qui nous avons établi nos quartiers puisque la météo ne nous permettait pas de regagner le bord, et Henry, qui nous a tout raconté de la chasse à la baleine. Poussés par les forts vents d'Ouest, nous filons sans prêter trop attention aux glaces qui apparaissent progressivement. La banquise compacte est de plus en plus proche de la côte, nous jonglons avec les bancs de sable pour nous en éloigner, et apprécions d'autant plus notre faible tirant d'eau. Dans moins d'1,5m d'eau, nous contournons les glaces qui encombrent Kaktovik, et atteignons Demarcation Bay où la banquise referme l'entrée à peine y avons nous jeté l'ancre. Vagabond s'échoue sur un banc de sable inconnu des cartes, puis parvient à progresser de quelques milles avant d'être prisonnier du pack, désormais dans les eaux canadiennes. Il faudra 4 jours de patience, d'observation, de détours interminables, de chocs contre les glaces, pour atteindre enfin l'île Herschel. Mais quel spectacle ! Se fondre ainsi dans le pack à la dérive est un immense privilège. Herschel fût un haut lieu de chasse à la baleine entre 1890 et 1907, Amundsen devint un des derniers témoins des massacres qui n'avaient pour but que les fanons, pour les corsets des femmes. Les navires baleiniers passaient l'hiver à Herschel pour être sur place à la débâcle, ainsi apparurent les fléaux tels que l'alcool, la drogue, le suicide, les épidémies... Autrefois, jusqu'à 2000 Inuvialuit vivaient ici toute l'année, aujourd'hui, seuls 2 gardiens du parc territorial et quelques visiteurs et vacanciers viennent à Herschel l'été. Du haut de l'île, nous contemplons la banquise à perte de vue, surpris d'en être sortis. Une nouvelle tempête dégage le delta de la Mackenzie, la voie est libre pour nous, et le 7 août, non sans regrets, nous quittons Richard - le Park Ranger en chef - et sa guitare. A 5 milles de King Point, où le Gjoa d'Amundsen passa son 3ème hivernage, le vent violent du Nord entraîne une soudaine densification du pack. Bloqués à nouveau. La compression est grande, tant et si bien que Vagabond se retrouve poussé vers le haut, grâce à la forme de sa coque (photo). Notre situation n'est pas particulièrement confortable, et pendant 2 jours, nous nous habituons à vivre dans un environnement incliné de 15°. Cette fois la banquise ne respire plus, rien ne bouge, tout est figé par la puissante pression des glaces. Les hélices sont bien protégées, mais je crains pour la safran. Pourtant, lorsque le vent tourne, nous sommes rapidement remis à l'eau, sans aucun dégât. En contact fréquent avec les gardes-côtes canadiens, qui s'assurent régulièrement que tout va bien à bord, nous faisons enfin notre entrée officielle au Canada en arrivant à Tuktoyaktuk le 10 août, après avoir traversé le delta de la Mackenzie. L'aventure continue, les glaces nous barrent la route à nouveau, la banquise n'est qu'à une journée de navigation... A bientôt, Eric BROSSIER http://www.vagabond.fr Cette adresse email n'est pas consultée régulièrement pendant l'expédition, pour me joindre rapidement (téléphone, SMS...), voir : http://vagabond.piem.org/contact.php3 _______________________________________________ Tuktoyaktuk, North-West Territories, Canada, 12th August 2003, Our adventure went further than what we were expected... Vagabond escaped from Barrow on 26th July in between 2 storms. The 2 previous days were spent with Mike Horn, half-way on his expedition around the Arctic, a great meeting that we didn't want to miss (read more news from him here). Then we had to leave our friends Kristin and Wendy, who welcomed us in their homes as the weather was too bad for us to go back on board, and Henry, who told us a lot about whaling. Pushed by the strong West winds, we were sailing fast without taking too much into account the ice floes slowly showing up. Pack ice went closer and closer to the coast, we had to play with the sandbanks to keep away from it, and we were enjoying more and more our shallow draft. In about less than 1,5m deep, we went around drifting ice at Kaktovik, and we reached Demarcation Bay where ice just closed the entrance after we dropped the anchor inside. Vagabond was first driven ashore on a sandbank unknown on our charts, after that we managed to sail a few milles before getting trapped by ice, then in canadian waters. 4 days of patience, observation, very long detours, impacts against ice... were needed to reach at least Herschel Island. But what a great scenery ! Being part of the drifting floes is a great privilege. Herschel was an important whaling site from 1890 to 1907, Amundsen became one of the last witness of these slaughters that were only for baleens, for ladies corsets. Whalers were wintering at Herschel to be on the spot when ice was breaking up, so came problems like alcohol, drug, suicides, epidemics... In the past, up to 2000 Inuvialuit were living here all year long, nowadays, only 2 Territorial Park Rangers and some visitors are coming to Herschel Island in summer. From the top of the island, we went looking at the ice pack as far as the eye can see, surprised to be out of it. A new storm blew off the Mackenzie Delta, our route was open, and on 7th of August, we were little sorry to leave Richard - the chief Park Ranger - and his guitar. 5 milles away from King Point, where Amundsen's Gjoa spent her third wintering, a strong North wind suddenly packed the ice. Stuck again. Compression was high, so much so that Vagabond was pushed up, thanks to her hull's shape (photo). Our position was not very comfortable, and during 2 days, we tried to get used to live in a 15° tilted environment. This time the pack ice was silent, no breathing, no moving, everything stuck with the powerful ice pressure. Propellers are well protected, but I was afraid for the rudder. And yet, when the wind changed, we went quickly back to the water, without any damage. In permanent contact with the canadian coast-guards, regularly checking if all was fine on board, we finally officially entered Canada when we arrived in Tuktoyaktuk on 10th of August, after having crossed the Mackenzie Delta. Adventure is not yet finished, drifting ice are on our way again, only one sailing day ahead... Best regards, Eric BROSSIER http://www.vagabond.fr This email address is not checked regularly during the expedition. To join me quickly (phone, SMS), see: http://vagabond.piem.org/contact.php3
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