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L'équipe : Photos (par l'équipe de Vagabond)
: Aquarelles de France Pinczon du Sel Itinéraire
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Saint-Quay-Portrieux, 19 octobre 2003, Vagabond est arrivé à Saint-Quay-Portrieux le lundi 13 octobre, formidablement accueilli par Michèle Demai (marraine de Vagabond) à bord de son voilier Nuage, ainsi que par une quinzaine de bateaux venus à notre rencontre. Un très grand merci à tous pour votre présence et pour vos nombreux messages enthousiastes ! Un immense anticyclone a eu la bonne idée de repousser les tempêtes habituelles en cette saison, et depuis le sud du Groenland, Vagabond a pu faire route directe vers la Bretagne : 17 jours pour traverser l'Atlantique, dont 4 heures d'escales aux îles Scilly où nous avons trinqué une dernière fois avec nos amis de Norwegian Blue. Au total, un périple de 17 mois, dont 5 mois en navigation, 20 000 milles parcourus (37 000 km), et 75 escales. Au Festival International du Film d'Aventure de Dijon, nous venons de recevoir le Trophée Peter Bird / SPB, qui récompense notre ténacité dans l'aventure ! Vous avez pu revivre notre arrivée sur France 3, France Info ou France Bleu... reportages dans Dimanche Ouest France aujourd'hui, et dans le Figaro Magazine la semaine prochaine. Vagabond sera au port de Paimpol (Côtes d'Armor) du 30 octobre au 2 novembre pour les TransAquatiques, et le film "Les Portes Glacée du Pacifique" y sera diffusé le jeudi à 22h45 et le samedi à 14h30. Pour nous joindre par email, merci de n'utiliser désormais que les adresses eric[a]vagabond.fr ou france[a]vagabond.fr. A bientôt, _______________________________ Nuuk, capitale du Groenland, 23 septembre 2003, Vagabond boucle la première circumnavigation polaire. En franchissant le détroit de Davis le 20 septembre, Vagabond a rejoint la mer du Labrador et l'océan Atlantique. Son équipe est aujourd'hui fière et heureuse d'avoir réussi le Passage du Nord-Ouest, à la suite du Passage du Nord-Est, les deux routes arctiques qui relient l'océan Atlantique à l'océan Pacifique. L'enchaînement de ces deux passages mythiques, chacun franchi sans hivernage, sans l'aide d'un brise-glace, est une première dans l'histoire de la navigation. Nos émotions furent à la hauteur de l'aventure ! Difficiles conditions de glaces cette année dans l'Arctique. Polar Bound et Dagmar Aaen semblent désormais coincés pour l'hiver dans le dangereux détroit de Franklin, là où nous avons attendu 8 jours de pouvoir forcer le passage, nous n'étions alors qu'à 50 milles devant eux. Le brise-glace canadien Pierre Radisson n'a rien pu faire pour eux la semaine dernière, la pression était trop forte. En Russie, le cap Tchéliouskine n'a pas été libéré de sa banquise de tout l'été, le voilier Campina hivernera à Tiksi, et tentera de finir le Passage du Nord-Est l'année prochaine. Ce soir, l'équipe a été formidablement bien reçue chez Olga et Yvon. Nous connaissons Olga depuis l'année dernière, depuis notre escale à Anadyr, elle est tchouktche. Son mari Yvon, suisse, enseigne la culture Inuit aux groenlandais. La rencontre fût passionnante et symbolique pour achever notre périple autour de l'Arctique, avec dégustation de viandes de renne et de boeuf musqué accompagnées de délicieux vin français. Le film du Passage du Nord-Est de Vagabond sera projeté au Festival du Film Marin de Saint-Cast-le-Guildo le 28 septembre, et au Festival du Film d'Aventure de Dijon le 16 octobre. Le livre "Comment réussir à changer sa vie", aux éditions de l'Express, vient de paraître, vous y trouverez un témoignage de ma part... parmi une cinquantaine ! Vagabond espère retrouver le Port d'Armor, son port d'attache à Saint-Quay-Portrieux, avant le 15 octobre. A bientôt ! Eric Brossier _______________________________ Pond Inlet, Nunavut, 14 septembre 2003, Malgré les avis très pessimistes des Inuit et des gardes-côtes, Vagabond a surmonté les glaces du Passage du Nord-Ouest et a atteint aujourd'hui Pond Inlet, au nord de l'île de Baffin. Depuis 2 semaines, nous partageons l'aventure avec l'incroyable trio anglais de Norwegian Blue, et ce fût une joie de célébrer ensemble notre réussite hier soir, au mouillage devant un glacier de l'île Bylot. Quand aux autres voiliers, 3 ont abandonné pour cette année en raison des glaces, et Dagmar Aaen lutte encore, prisonnier de la banquise dans le détroit de Franklin. Polar Bound est avec lui, les 2 capitaines attendent des vents favorables, ils connaissent bien le Passage du Nord-Ouest pour l'avoir déjà franchi d'Est en Ouest il y a quelques années. Le 9 septembre, après 8 jours d'attente coincés par le pack, un fort coup de vent (50 noeuds) a écarté les glaces de la côte pendant quelques heures, nous permettant de rejoindre le détroit de Bellot, le point le plus au nord du continent américain. Nous surprenons au passage une ourse et son ourson, en slalomant à vive allure entre les glaces, poussés par un fort et dangereux courant, et atteignons le refuge de Fort Ross le 10 septembre, exactement un an après les voiliers Nuage et Apostol Andrey. Le vent tourne et nous facilite la traversée jusqu'au détroit de Lancaster, tandis que les cartes de glaces indiquent que le pack se resserre déjà derrière nous... La route est encore longue, l'équipage se prépare à rejoindre le Groenland pour ensuite traverser l'Atlantique jusqu'à la Bretagne, bien déterminé à surmonter non plus la banquise, mais les tempêtes automnales ! A bientôt, _______________________________ Détroit de Larsen, Nunavut, 31 août 2003, Vagabond et son équipe ont quitté Gjoa Haven hier, en espérant profiter d'une petite ouverture dans le pack pour rejoindre le détroit de Lancaster. Les spécialistes ne sont pas tous très optimistes, conditions difficiles cette année. Le voilier norvégien Jotun Arctic, attendu à Gjoa Haven pour commémorer l'arrivée d'Amundsen il y a 100 ans, a choisi de faire demi tour alors qu'il tentait le Passage du Nord-Ouest depuis le Groenland. Un deuxième voilier, Capitaine Hatteras, parti de France le mois dernier, se dirige actuellement vers Arctic Bay, gardant encore l'espoir de franchir le Passage avant l'hiver. Dans le même sens que nous (d'Ouest en Est), Dagmar Aaen (voilier allemand) et Polar Bound (bateau à moteur anglais) se trouvent actuellement à Cambridge Bay, et devraient nous rejoindre rapidement. Quant à Minke 1 (voilier canadien), il a décidé d'arrêter son périple à Tuktoyaktuk cette année... A la limite des glaces qui nous retiennent, Vagabond partage l'aventure avec la très sympathique équipe de Norwegian Blue, joli voilier anglais (vert !). Si 2003 présente un record de fréquentation dans le passage du Nord-Ouest, les conditions actuelles de glaces nous rappellent qu'un hivernage est toujours à prévoir. Christine et Christophe ont pris le relais de Catherine et Matthieu, nous sommes donc toujours 7 à bord de Vagabond. Christine, institutrice, est en liaison avec plusieurs classes, voir son récit sur le site de Vagabond. Ce matin, nous fêtons le premier anniversaire de notre réussite du Passage du Nord-Est. Il y a un an, nous franchissions le détroit de Béring. A bientôt, _______________________________ Cambridge Bay, Nunavut, 20 août 2003, Nous quittons Tuktoyaktuk sous le soleil le 12 août, traversons la baie de Liverpool et franchissons le cap Bathurst le lendemain, ce qui marque notre entrée dans le Golfe d'Amundsen. La banquise est là, donnant raison aux cartes des glaces, et nous devons la contourner par le Sud, par la baie de Franklin. Les Smoking Hills et leur étonnante activité géothermique correspondent à la limite sud du pack, et nous atteignons facilement le cap Parry. De là, Vagabond s'engage sans le savoir dans une longue impasse et se retrouve bientôt cerné par une banquise infranchissable. D'après nos dernières infos, c'est par le Nord que nous devons chercher une éventuelle sortie. Demi-tour. Des heures durant, nous contournons les glaces... Du nid de pie, enfin, France devine un passage, qui pourrait correspondre aux indications que vient de me donner Peter de Cambridge Bay, par radio. Malgré le brouillard, nous y trouvons notre voie vers le golfe du Couronnement, via le détroit Dolphin et Union. Signe prémonitoire ? Notre long sillage hésitant a dessiné la silhouette d'un ours. Et sur les dernières glaces que nous rencontrons avant Cambridge Bay, il est là. En voilà un deuxième. L'un se dresse hors de l'eau, curieux, l'autre est assoupi sur la banquise. Instant rêvé, tant attendu, sauf que Catherine, Jacques et Pierre sont sur la banquise, non loin d'un des ours qu'ils n'ont pas vu, concentrés sur les prises de vues... L'équipe est vite rassemblée à bord; plus sereinement, nous l'approchons et l'observons nager, plonger, marcher sur la glace, s'allonger... C'est une grosse femelle qui s'habitue peu à peu à notre étrange équipée, et que nous quittons au soleil couchant. Après 4 jours de vent de face, nous empêchant de faire escale à Coppermine (Gérard et moi souhaitions revoir ce village, visité lors de précédentes expéditions, en traîneau à chiens pour lui, en raft pour moi), nous accueillons avec bonheur un vent portant de Sud-Ouest pour franchir le détroit de Dease à bonne allure. Notre arrivée à Cambridge Bay, où Michèle Demai, marraine de Vagabond, laissa son voilier Nuage pour l'hiver (2001-2002), coïncide avec l'arrivée de Nuage à Saint-Quay-Portrieux, notre cher port d'attache en Bretagne ! Nous venons d'accueillir à bord Matthieu, photographe, qui nous accompagne pour quelques jours, jusqu'à Gjoa Haven. Avant de reprendre la mer, une plongée s'impose sur l'épave du Maud, non loin du village, navire utilisé par Amundsen pour franchir le passage du Nord-Est (1917-1921). Rencontre insolite avec les 140 passagers du Bremen, luxueux navire de croisière polaire, pour qui nous improvisons une conférence à bord. Le capitaine et son équipe, dont notre ami navigateur Henrik retrouvé ici par hasard, nous ont fort bien accueilli et approvisionné en produits frais. Par contre, les très difficiles conditions de glaces annoncées au nord de l'île du Roi Guillaume occupent nos esprits... A bientôt ! Eric _______________________________ Tuktoyaktuk, Territoires du Nord-Ouest, Canada, 12 août 2003, L'aventure fût au-delà de tous nos espoirs... Vagabond se faufile finalement entre 2 tempêtes pour quitter Barrow le 26 juillet. Les 2 jours précédents sont passés avec Mike Horn, à mi-parcours de son tour de l'Arctique, un grand rendez-vous que nous ne voulions pas manquer (lire ses nouvelles ici). Nous quittons alors nos hôtes Kristin et Wendy, chez qui nous avons établi nos quartiers puisque la météo ne nous permettait pas de regagner le bord, et Henry, qui nous a tout raconté de la chasse à la baleine. Poussés par les forts vents d'Ouest, nous filons sans prêter trop attention aux glaces qui apparaissent progressivement. La banquise compacte est de plus en plus proche de la côte, nous jonglons avec les bancs de sable pour nous en éloigner, et apprécions d'autant plus notre faible tirant d'eau. Dans moins d'1,5m d'eau, nous contournons les glaces qui encombrent Kaktovik, et atteignons Demarcation Bay où la banquise referme l'entrée à peine y avons nous jeté l'ancre. Vagabond s'échoue sur un banc de sable inconnu des cartes, puis parvient à progresser de quelques milles avant d'être prisonnier du pack, désormais dans les eaux canadiennes. Il faudra 4 jours de patience, d'observation, de détours interminables, de chocs contre les glaces, pour atteindre enfin l'île Herschel. Mais quel spectacle ! Se fondre ainsi dans le pack à la dérive est un immense privilège. Herschel fût un haut lieu de chasse à la baleine entre 1890 et 1907, Amundsen devint un des derniers témoins des massacres qui n'avaient pour but que les fanons, pour les corsets des femmes. Les navires baleiniers passaient l'hiver à Herschel pour être sur place à la débâcle, ainsi apparurent les fléaux tels que l'alcool, la drogue, le suicide, les épidémies... Autrefois, jusqu'à 2000 Inuvialuit vivaient ici toute l'année, aujourd'hui, seuls 2 gardiens du parc territorial et quelques visiteurs et vacanciers viennent à Herschel l'été. Du haut de l'île, nous contemplons la banquise à perte de vue, surpris d'en être sortis. Une nouvelle tempête dégage le delta de la Mackenzie, la voie est libre pour nous, et le 7 août, non sans regrets, nous quittons Richard - le Park Ranger en chef - et sa guitare. A 5 milles de King Point, où le Gjoa d'Amundsen passa son 3ème hivernage, le vent violent du Nord entraîne une soudaine densification du pack. Bloqués à nouveau. La compression est grande, tant et si bien que Vagabond se retrouve poussé vers le haut, grâce à la forme de sa coque (photo). Notre situation n'est pas particulièrement confortable, et pendant 2 jours, nous nous habituons à vivre dans un environnement incliné de 15°. Cette fois la banquise ne respire plus, rien ne bouge, tout est figé par la puissante pression des glaces. Les hélices sont bien protégées, mais je crains pour la safran. Pourtant, lorsque le vent tourne, nous sommes rapidement remis à l'eau, sans aucun dégât. En contact fréquent avec les gardes-côtes canadiens, qui s'assurent régulièrement que tout va bien à bord, nous faisons enfin notre entrée officielle au Canada en arrivant à Tuktoyaktuk le 10 août, après avoir traversé le delta de la Mackenzie. L'aventure continue, les glaces nous barrent la route à nouveau, la banquise n'est qu'à une journée de navigation... A bientôt, Eric BROSSIER _______________________________ Barrow, Nord-Ouest de l'Alaska, 23 juillet 2003, Voilà 12 jours, France, Gérard et moi quittions la Russie... Depuis Anadyr en Tchoukotka, Vagabond rejoint Nome en Alaska, en traversant la mer de Béring d'Ouest en Est. Afin d'exercer nos connaissances de navigateurs, peu affutées par l'usage du GPS et des cartes électroniques, Vagabond franchit plusieurs fois le méridien 180°, route dictée par les glaces à la dérive dans le Golfe d'Anadyr. Puis viennent la ligne de changement de date et la frontière (curieusement séparées de quelques milles), qui nous offrent un 14 juillet national dans les eaux russes, puis un autre dans les eaux américaines. Soudain nous sommes la veille, 21 heures plus tôt exactement, nous changeons de continent, et, sans oublier notre printemps japonais, notre séjour d'un an en Russie s'achève. Les chercheurs d'or de Nome, fouillant le fond de la mer avec leurs drôles de machines, nous fascinent, mais pas au point de modifier notre cap. Notre fortune est probablement de l'autre côté du détroit de Béring ! En chemin, nous faisons escale au village de Teller, où se posa Amundsen après son vol en dirigeable (Norge) au dessus du Pôle Nord en 1926, puis à Wales, au cap du Prince de Galles, où un monument honore l'amitié avec la Russie. Au milieu du détroit, sur l'île de la Petite Diomède (Etats-Unis), nous découvrons un village accroché au pied de la falaise, faisant face à l'île de la Grande Diomède (Russie) distante de moins de 3 milles. La question d'un jeune esquimau américain, apprenant notre long périple en Russie, est de savoir si nous étions en prison... La seule terre qu'il voit de chez lui est mystérieuse, et pourtant, certains de ses cousins y vivent depuis plusieurs millénaires. Nous entrons en mer des Tchouktches, très riche en baleines. A Point Hope, Steve, chef des secours, nous raconte en détails et avec passion la chasse qui se déroule au printemps, comme depuis plus de 2000 ans. Les bateaux en peaux de morses sont acheminés jusqu'au bord de la banquise, puis 8 personnes font avancer chaque embarcation à la pagaie. La viande est ensuite rapportée au village à l'aide de traineaux à chiens. Non loin du village moderne, Steve nous emmène à l'ancien village, encore habité il y a 30 ans. Il nous entraîne dans la maison de sa tante, à qui il devait apporter eau et bois tous les jours quand il était enfant. L'habitation presqu'intacte est faite de machoires de baleines et de tourbe, a demi-enterrée. Assis sur une dune de sable, Steve nous regarde partir, son témoignage restera inoubliable pour nous. Nous sommes désormais bien au-delà du cercle polaire et retrouvons avec plaisir le soleil de minuit. Depuis le détroit de Béring, nous sommes engagés dans le Passage du Nord-Ouest; 6 ou 7 voiliers devraient s'y aventurer cette année (2 autres sont avec nous à Barrow), 100 ans après Amundsen qui fût le premier à réussir 1903-1906. De l'autre côté, au Passage du Nord-Est, Henk de Velde tente sa chance à nouveau, nous furent heureux de le croiser à Provideniya. Il sera peut-être doublé par un petit bateau à moteur de 19 pieds que nous avons vu à Teller, l'expédition Polar Passage qui achevera ainsi son tour de l'Arctique commencé en 1999. Nous croiserons bientôt Mike Horn, actuellement en kayak au Nord de l'Alaska, lui aussi poursuivra son périple le long des côtes sibériennes. Le détroit n'attire pas que des bateaux, Steve Brooks a créé l'Ice Challenger, visible sur le quai de Nome lors de notre escale, engin amphibie capable de franchir de la banquise à la dérive, sa première tentative échoua à la frontière russe pour des raisons administratives... A Barrow, nous sommes royalement reçus à bord du brise-glace de la Garde Côtière Canadienne, le Sir Wilfrid Laurier; c'est l'occasion de bien étudier les conditions de glaces, la banquise n'est qu'à quelques milles. Catherine (artiste et cuisinière), Jacques et Pierre (caméramen) embarquent ici, cap à l'Est ! A bientôt, Eric Brossier _______________________________ Anadyr, 10 juillet 2003, Bonjour d'Anadyr, Vagabond achève son périple russe en Tchoukotka, et se dirige doucement vers le détroit de Béring, porte d'entrée du Passage du Nord-Ouest. Dans le but de développer les croisières en voilier dans l'extrême est de la Russie, Vagabond a accueilli à son bord l'équipe russe des guides Petit Futé, l'adjoint du gouverneur de Tchoukotka, et la présidente de la Croix Rouge de Tchoukotka. En collaboration avec le directeur du musée de Provideniya, nous avons pu admirer quelques uns des sites exceptionnels de la région (gouvernée par le nouveau propriétaire de l'équipe de football de Chelsey !). Des photos de l'Allée des Baleines, de l'ancien village d'Avan, du village de Novo-Tchaplino, d'une grande colonie de morses... sont là. "Les Portes Glacées du Pacifique", film de l'expédition de Vagabond par le Passage du Nord-Est, sera rediffusé sur France 5 le vendredi 11 juillet à 15h35. Nous venons de récupérer tous vos emails envoyés depuis le 14 juin, nous vous répondrons dès que possible. Pour nous joindre plus rapidement, veuillez consulter le site de Vagabond. A bientôt, _______________________________ Ile Béring, 21 juin 2003, Vagabond et son équipe ont jeté l'ancre non loin de la
tombe de Vitus Béring, à l'île Béring, au
sud ouest de la mer de Béring. C'est l'occasion pour eux de rendre
hommage au navigateur qui dirigea parmi les plus grandes explorations
maritimes de la Sibérie, et qui donna aussi son nom au fameux
détroit qui sépare l'Asie de l'Amérique. Dans quelques
jours, Vagabond franchira à nouveau le détroit de Béring
pour s'engager ensuite dans le Passage du Nord-Ouest, la deuxième
partie de son Tour de l'Arctique. Le film de la première partie,
"Les Portes Glacées du Pacifique", 52 minutes, sera
diffusé sur France 5 : _______________________________ Kushiro, 1er juin 2003, Konnichiwa, Vagabond quitte le Japon aujourd'hui, après une courte escale à Kushiro (Hokkaido), et s'apprête à longer à nouveau les îles Kouriles, jusqu'au Kamtchatka. Tout est prêt à bord pour de nouvelles aventures arctiques, grâce au formidable accueil et à l'efficace soutien des navigateurs de la baie d'Ise. Outre un émouvant retour aux sources pour moi, à Nagoya, sur mon lieu de naissance, ce fût 3 semaines de préparation technique et logistique pour la deuxième partie du périple de Vagabond autour de l'Arctique. La veille de notre départ, nous avons eu la joie d'escorter les 150 voiliers de la Coupe Erika, du nom de notre invitée spéciale Erika, et du voilier qui la conduisit pendant près de 5 ans autour du monde avec ses parents, dans les années 80. Des photos et coupures de presse sont en ligne. Nous remercions particulièrement Yanmar Japon, Onizaki Yacht Club, Onizaki Pleasure Boat Club, Tokai Marine, la ville de Tokoname, Accastillage Bernard, Chez Toto, Blanc Pain, Unidos de Urbana. A bientôt, Eric BROSSIER NB : cette adresse email n'est pas consultée régulièrement pendant l'expédition, pour me joindre rapidement, voir ici. _______________________________ Nagoya, 14 mai 2003 Journée pluvieuse mais intense pour moi mercredi 14 mai, avec notre escale de 5 heures au coeur de l'immense port de Nagoya. C'est tout ce que nous avons obtenu des autorités du port, en raison du grand trafic de ferrys notamment. En 1998, j'écrivais quelques lignes, les premières, sur ce projet d'aller de la France à Nagoya en voilier par le nord. A l'époque, je ne savais pas d'où en France (jétais prospecteur géophysicien, toujours en vadrouille à l'étranger), je ne savais pas avec quel voilier (je n'avais jamais entendu parler de Vagabond et ne connaissais pas grand chose des voiliers de voyage), et je ne savais pas du tout ce que représentait le Passage du Nord-Est. Je ne connaissais pas son histoire, je savais seulement que c'était la route la plus courte pour aller de l'Europe au Japon. En revanche, l'arrivée devait être Nagoya, ma ville natale. Mercredi, en entrant dans le port, mon projet initial devenait réalité, difficile à réaliser. Il y avait des fleurs, des journalistes, et un boulanger français venu nous offrir du pain. Nous avons ensuite été invités par les autorités portuaires à visiter le Fuji, premier brise-glace japonais, devenu musée depuis une vingtaine d'année. Le fait de trouver ainsi un brise-glace, et pas n'importe lequel, à Nagoya, pourtant loin des régions polaires, crée un lien étonnant entre mon lieu de naissance et ma vie actuelle ! Après cette visite où nous avons beaucoup appris sur les missions japonaises en Antarctique, nous avons été convié au splendide delphinarium (le plus grand d'Asie). A 17h 20 mercredi 14, le retour a commencé alors que nous quittions le port de Nagoya. Nous finissons actuellement les préparatifs de Vagabond à quelques milles au sud de Nagoya, avec l'aide précieuse et efficace des Japonais. Encore 9 000 milles devant nous, avant la Bretagne, et de nombreux projets à partager ! A bientôt, Eric _______________________________ Seabornia, 25 avril 2003 Kon-Ichi-Wa, Vagabond et son équipe sont les invités du prestigieux Seabornia Yacht Club pour quelques jours, à l'entrée de la baie de Tokyo. Entourée de splendides voiliers et de palmiers, notre fidèle coque rouge s'habitue doucement à la douceur de l'eau (15 degrés) et admire le Mont Fuji qui domine sur l'horizon, tandis que le tee-shirt remplace les vêtements d'hiver. Depuis le 1er avril, date de notre départ du Kamtchatka où nous avons passé l'hiver, notre escapade vers le sud nous offre de forts contrastes. En longeant les îles Kouriles enneigées, nous avons du contourner, parfois traverser, de larges bandes de glaces dérivantes, en provenance de la mer d'Okhotsk, ce fût un plaisir de retrouver la navigation dans le pack. Notre présence a provoqué quelques inquiétudes, au point qu'un navire des gardes-côtes nous a un jour rattrappé, nous ordonnant de stopper en lançant une fusée verte pour bien attirer notre attention. Le bref échange radio qui suivit se termina rapidement par un 'bon voyage' de la part des autorités rassurées. Plusieurs bancs d'orques ont croisé notre route, magnifiques. L'accueil au Japon, le 8 avril, fût très chaleureux, les bains chauds suivis de sushis et de saké contrastants avec la tempête de neige et les morceaux de glace dans le port de Kushiro. En quelques heures, nous furent plongés dans la technique de pointe, nos nouveaux amis nous équipèrent d'une connexion internet sans fil (escales seulement !), d'un téléphone portable, et plus tard, d'un téléphone portable avec GPS intégré, à tester pour le fabricant. Nos hôtes sont souvent ravis de voir que nos appareils photos, ordinateurs et montres sont de chez eux, sans oublier les moteurs de Vagabond ! Déjà 1750 milles parcourus, et de belles escales derrière nous : Kushiro, Hakodate, Miyako, Kesenuuma, Shiogama, Iwaki, Katsuura, Seabornia, à la rencontre d'un peuple de pêcheurs, de leurs magnifiques jardins, des cerisiers en fleurs. Beaucoup de bateaux de pêche et d'innombrables filets dont il faut nous méfier en naviguant le long des côtes, très peu de voiliers par contre, hormis quelques dériveurs au fond d'une baie bien abritée. Tandis que la deuxième partie du grand tour de l'Arctique se précise, vous trouverez bientôt quelques photos de notre cabotage nippon sur le site de Vagabond. Sayonara, Eric Brossier |